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Archives créatives; une machine à remonter le temps

  • 31 janv.
  • 2 min de lecture

Québec enneigé, entre Noël et le jour de l’an. Ma mère attendait mon retour pour me confier une grande tâche : faire le ménage dans mes archives. Depuis mon départ, je n’ai plus jamais eu l’occasion de vivre dans 100 mètres carrés. J’ai donc abandonné le passé en lieu sûr. Deux boîtes immenses encombraient le couloir depuis des mois. Je me suis mise à la tâche. Ce qui devait être un tri est devenu un voyage dans le temps.


Vue à travers une fenêtre à Québec, avec arbres enneigés et immeubles en brique en hiver.


L’école de mode


Premier arrêt : un portfolio rempli de vieilles étoffes, de croquis, de projets au look très école et de bulletins peu reluisants. Les échecs cuisants des cours de sport, compensés ailleurs. Le Cégep était un étrange endroit où des cours aux antipodes se côtoyaient : couture et volleyball, illustration et statistiques. Un endroit où j’ai beaucoup appris, en ayant enfin l’occasion de travailler avec mes mains.


Croquis de mode d’une femme portant une robe jaune et rose.
Esquisse, entre 2007 et 2009

Ce qui me manque de ce passé d’étudiante, c’est surtout le contact avec la matière, les étoffes et les textures. Je ne le savais pas à l’époque (j’étais une exploratrice paresseuse), mais c’était ce qui aurait pu le plus m’inspirer. 



Une dentelle en papier


Elle m’a instantanément paru parfaite pour un collage. Trouvée avec des planches d’ambiance inspirés du film Diamants sur canapé qui m’ont fait penser à mes tableaux Pinterest actuels. Mon cerveau, à ce moment, était déjà habité par un crayon vert-pastel, un peu radioactif, trouvé lors d’un récent voyage à Prague. L’équation était enfin résolue. Le vert pastel radioactif + la dentelle en papier + une robe de Yves Saint Laurent, 1961 = ma prochaine illustration.





Arrêt impromptu: Le cimetière des téléphones


Une boîte pleine d’objets obsolètes. Un pincement pour ces petits ancêtres rétro, plutôt jolis maintenant que je les regarde avec recul. Aucune façon de les rallumer, leurs câbles sont perdus. Mon père était d’avis de les jeter; mais non, jamais. Des souvenirs inaccessibles et sans doute très cringe si près mais à la fois si loin. Ce sera pour une prochaine fois.


Boîte contenant de vieux téléphones et appareils électroniques rétro, conservés dans des archives personnelles.


Les photos


Entre l’exploration de ces archives et notre dépendance de plus en plus marquée au monde numérique, une envie de photos analogiques s’est installée. Inspirée par la même occasion par les albums de ma grand-mère dans lesquels je me suis aussi plongée lors de mon passage dans ma ville natale, j’ai redécouvert une époque où les archives étaient une affaire rigoureuse. Chronologie, légendes écrites à la main, mais surtout, tri. De la place dans la mémoire pour ce qui est véritablement mémorable, plutôt qu’un fil infini de photos répétitives. Quelque chose d’ordinaire à une époque révolue qui me fascine aujourd’hui. 



Certaines choses ne changent jamais


En me replongeant dans le passé, j’ai bien sûr constaté à quel point j’avais changé. Il ne reste plus grand-chose du chaos de 2008, si ce n’est son essence. Je n’ai jamais eu la prétention d’être à l’abri des modes, mais derrière tout ça, j’ai dépoussiéré un fil conducteur. Les tendances passent, mais les couleurs pastel, les inspirations des années 60, les textures douces et la nostalgie restent. 



Collages et esquisses sur une table de travail, avec papiers découpés lilas, palette de peinture et ciseaux, janvier 2026.
Collage et esquisses, janvier 2026

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